Au fil du temps : l’impression au cadre plat ou à la lyonnaise

Un procédé sérigraphique

Origines

Créée par les Chinois durant la dynastie Song (960-1279), la sérigraphie (du latin sericum la soie et du grec graphein l’écriture) est une technique d’imprimerie qui utilise des pochoirs (à l’origine, des écrans de soie) interposés entre l’encre et le support.

Invention lyonnaise du XIXe siècle

La technique d’impression au cadre plat est inventée à Lyon vers 1850, d’où son appellation encore usitée de « cadres à la lyonnaise ». Elle consiste à imprimer des décors sur une étoffe à l’aide d’un cadre sur lequel est tendue une fine gaze, dont les parties perméables correspondant au motif, laissent passer la couleur, que l’on applique avec une racle.

Du négatif à la photogravure

Cette découverte se fait à la faveur des découvertes liées à la photographie mais aussi de la fabrication de la soie : le principe du négatif permet en effet de mettre au point le procédé de photogravure et le tergal de soie constitue à l’origine la gaze sur laquelle est gravé le motif. Si Niepce et Daguerre ont inventé un procédé photographique permettant d’afficher et d’enregistrer une image permanente en 1839, ce sont les frères Lumière qui découvrent la photographie en couleurs en 1903, ce qui fera évoluer le procédé de photogravure en facilitant notamment le travail de séparation des couleurs par le graveur.

XIXe siècle : débuts prometteurs mais économiquement peu viables

Fondamentalement, l’impression aux cadres est un procédé de reproduction selon le principe du pochoir. Les premières tentatives pour remplacer les vides du pochoir par de la toile de soie et les premiers essais de sérigraphie ont donc lieu à Lyon vers 1850. La tentative est une réussite, mais ce procédé se révèle incapable de rivaliser économiquement avec la production massive des machines à rouleaux de cuivre gravés. On continue cependant à l’expérimenter, particulièrement aux Etats-Unis et en Angleterre, où l’impression au cadre est brevetée pour la première fois, en 1907, par Samuel Simon.
 La technique sera utilisée pour imprimer les drapeaux pendant la première guerre mondiale.

1930 : essor et modernisation

Ce n’est qu’à la fin des années 20, avec la récession économique et la transformation de la structure industrielle de l’impression textile, qu’elle commence à se développer de façon radicale en Europe. L’impression au rouleau, dont les coûts de production sont très élevés, devient soudain moins rentable avec la chute de la demande. La fabrication des cadres et les installations coûtent bien moins cher que les lourdes machines à rouleaux de cuivre gravés. Il devient donc rentable d’imprimer de petites quantités d’étoffe pour tester un motif sur le marché, avant de se lancer dans une grande production.
 Cette technique rend donc possible et facilement l’impression des nouvelles étoffes synthétiques, à moindre coût et en quantités plus grandes que ne le permettait la technique plutôt lente d’impression à la planche, sans toutefois que ces quantités atteignent les métrages énormes nécessaires pour que l’impression au rouleau soit économique.

Dans les principaux pays de production textile – Angleterre, France, Suisse, Allemagne et Etats-Unis – apparaissent de grandes manufactures d’impression au cadre dont l’importance économique et sociale est considérable.

Aux Etats-Unis l’engouement est immédiat et la technique se modernise sous l’impulsion d’une industrie américaine très performante. Le racloir supplante le rouleau pour l’application de l’encre et le nylon remplace la soie en guise d’écran.

Ce procédé, manuel, est automatisé dans les années 1950. Comme chez Hermès, qui imprime ses célèbres carrés de soie, en ligne.

Un nouveau moyen d’expression artistique

De nombreux artistes, parmi lesquels Andy Warhol et Roy Lichtenstein, emblèmes du pop art, mais aussi Matisse et bien d’autres utilisent sans modération cette technique et lui donnent ses lettres de noblesse.

Cette appropriation par les artistes n’est guère étonnante car cette technique a de nombreux avantages : elle permet d’imprimer des motifs composés de nombreuses couleurs, elle autorise un fort dépôt d’encre qui garantit non seulement une couleur intense qui dure dans le temps mais également une bonne opacité, elle est donc particulièrement adaptée aux aplats et surfaces unies. Enfin, économiquement rentable même pour des séries limitées, voire la création de pièces uniques, elle est d’emblée adaptée à la reproduction artistique.

A l’Atelier de soierie, nous sommes fiers de perpétuer cette technique, manuellement comme autrefois, afin de réaliser des carrés d’artistes pour les musées nationaux et internationaux, les fondations d’art et les artistes.

La fabrication du cadre

La photogravure

Le cadre à la Lyonnaise permet de décorer une étoffe en imprimant un motif qui peut être composé de nombreuses couleurs : dans ce cas, il faut graver le dessin.

La photogravure est la synthèse de deux techniques : la gravure d’une part qui comprend l’étude du dessin, la mise au rapport et la sélection manuelle, photographique ou informatique des couleurs. Et la photo d’autre part qui englobe la partie technique, à savoir la fabrication de pochoirs plats.

C’est une opération longue et coûteuse réalisée par un photograveur, qui requiert des compétences techniques mais aussi artistiques.

Les photograveurs sont une quinzaine en France, pour la plupart installés à Bourgoin-Jailleu, capitale iséroise de la photogravure en France, située à 50 kilomètres de Lyon.

De la qualité de la photogravure vont dépendre la qualité du cadre et donc la réussite de l’impression.

Les diverses étapes de la fabrication du cadre

L’ écran

C’est la forme imprimante du procédé d’impression sérigraphique.

A l’origine, il était constitué d’une fine pièce de soie fixée sur des montants en bois, qui formaient un cadre rectangulaire. Le motif à imprimer était reporté sur la soie à l’aide de vernis opaques ; les parties qui ne devaient pas être imprimées étant bouchées par le vernis. Chaque couleur du dessin nécessitait la fabrication d’un cadre.

Aujourd’hui il est constitué d’un tergal de polyester ou polyamide, qui s’avère très résistant à l’abrasion, fixé à l’aide de colles spéciales sur des montants métalliques en aluminium, plus légers et donc plus maniables. Les cadres peuvent avoir diverses dimensions.

La densité de la toile dépend de l’étoffe à imprimer, de la consistance de la pâte d’impression et de la nature du dessin selon qu’il est constitué d’aplats de couleur ou de finesses. La maille de l’écran déterminera la quantité d’encre déposée. Elle est exprimée en nombre de fils au cm notamment. Plus le nombre de fils est élevé, moins le dépôt est important et plus la finesse est élevée. On utilisera des mailles élevées pour imprimer des détails, des textes fins… Moins le nombre de fils est élevé et plus le dépôt sera important. On utilisera des mailles faibles dans le cas d’impressions d’aplats, lorsqu’on souhaite une opacité importante.

Le tissu vierge est uniformément poreux. Il doit être préparé pour que l’impression d’un motif soit possible, c’est le clichage.

Le clichage

Le tissu vierge est dans un premier temps entièrement bouché avec une émulsion photosensible, c’est l’enduction.

Une fois sèche, l’émulsion photosensible durcit lorsqu’elle est exposée à un rayonnement ultraviolet, c’est l’insolation.

Principe élémentaire

L’émulsion exposée aux ultraviolets durcit, elle bouche donc le tissu et l’encre ne passe pas.

L’émulsion protégée des ultraviolets ne durcit pas, on l’enlève avec de l’eau, elle ne bouche pas le tissu et l’encre passe, c’est le principe du « pochoir ».

L’interprétation de la maquette originale et sa transposition en un dessin textile

La première étape consiste à interpréter et reproduire le plus fidèlement possible une maquette originale afin qu’elle soit techniquement imprimable.

En effet, un dessin destiné à l’impression aux cadres doit répondre à des critères précis : il doit pouvoir être répété dans le sens de la longueur et de la largeur du cadre et pouvoir être décomposé en autant de couleurs que de cadres.

Or, rares sont les dessins qui intègrent ces caractéristiques dès leur conception. La transposition d’un dessin quelconque, généralement appelé « maquette », en un dessin textile est le plus souvent l’oeuvre de dessinateurs employés par les ateliers de gravure. L’origine des maquettes ou images utilisées pour être transformées en dessins textiles est variée. Il peut s’agir d’oeuvres d’artistes qu’il faudra retranscrire en essayant d’en garder le style et l’esprit. Il peut s’agir de créations de dessinateurs indépendants ou de studios de dessin.

A l’origine, les dessinateurs reproduisaient les dessins manuellement à l’aide de calques. Aujourd’hui le dessin est reporté manuellement, par informatique ou photographie. Les techniques de photogravure puis différentes machines à raccorder ainsi que les logiciels de conception textile ou de pilotage des machines de gravure ont permis de rationaliser le processus.

Pour le photograveur, la difficulté est d’équilibrer les formes et les couleurs et de composer quelque chose de continu qui ne présente aucune coupure. Une mise au rapport est donc nécessaire afin que le motif s’enchaîne et ne présente aucun raccord.

Tant qu’il s’agit de dupliquer des aplats de couleur, la tâche est relativement aisée puisqu’il suffit de détourer les formes et de les remplir soigneusement. Par contre lorsqu’il faut restituer des dégradés de couleur ou des effets picturaux, la retranscription est plus complexe. C’est dans la manière de traiter ces problématiques qu’entrent en ligne de compte la sensibilité artistique du dessinateur, sa capacité à saisir la quintessence de la maquette et à la reproduire. Avec les outils numériques, le processus s’est accéléré, les logiciels professionnels permettant d’effectuer extrêmement rapidement tous types de manipulations. Il est ainsi possible, soit de simuler les procédés décrits ci-dessus, soit d’opérer des séparations de couleurs entièrement automatiques. Mais c’est encore toujours la dextérité du photograveur et la pertinence de ses choix qui font la qualité d’une séparation de couleur et donc au final d’un dessin textile.

La séparation des couleurs

L’impression aux cadres est héritière des procédés ancestraux d’impression à la planche où chaque couleur du dessin était obtenue par un bain de teinture différent appliqué avec les planches correspondantes. Dès lors s’est transmis le principe que chaque couleur doit être traitée séparément. De nos jours, chaque couleur du dessin est donc apposée sur le support textile à l’aide d’un cadre différent.

Le dessinateur-graveur reproduit chaque couleur séparément sur un film transparent, appelé cliché. Chaque cliché comporte donc une des couleurs du dessin, représentées en noir opaque ou rouge inactinique (qui bloque les rayons ultra-violets). Leur superposition permet d’obtenir l’image finale qui va être imprimée. Ce travail nécessite une grande exactitude technique et des compétences artistiques. Il faut en effet que la superposition des clichés soit parfaite, afin qu’il n’y ait pas de décalage entre les cadres.

La gravure du dessin par procédé photochimique

Après séparation des couleurs, le dessin est reporté sur l’écran de tergal à raison d’une couleur par cadre : le cliché (aussi appelé typon), comportant le dessin à traiter, est étroitement plaqué contre l’écran enduit au préalable d’une pellicule de résine photosensible. Le tout est exposé aux rayons lumineux actiniques selon une durée déterminée par la composition de l’émulsion photosensible. Les rayons lumineux sont arrêtés par les parties opaques du cliché correspondant au dessin ; au contraire, ils traversent les parties transparentes et atteignent la couche photosensible, qui réagit à la lumière, se durcit et devient imperméable.

Lorsque l’insolation est terminée, l’écran est rincé avec de l’eau. L’émulsion non durcie est chassée du tissu, c’est le dépouillement. Les parties de résine non durcies se désintègrent sous le jet d’eau et laissent apparaître les parties poreuses, qui correspondent au motif que l’on souhaite imprimer. Après séchage, le cadre est vérifié sur une table lumineuse et les éventuels défauts rectifiés manuellement. Le cadre est ensuite enduit d’un vernis protecteur destiné à le renforcer, au vu des nombreuses agressions qui vont ponctuer son cycle de vie. Les interstices de la toile sont débouchés par succion et le vernis restant est polymérisé en étuve. L’écran est enfin prêt pour le tirage !

Le dessin est alors définitivement figé dans le nombre de cadres successifs fabriqués, nécessaires à son impression.

La photogravure : gravure photochimique de clichés en vue d’obtenir la forme imprimante

La photogravure est initialement le nom donné au procédé photographique qui permettait d’obtenir des planches gravées utilisables pour l’impression typographique, par cliché. La photogravure a défini par la suite l’ensemble des techniques permettant la réalisation des éléments nécessaires à l’obtention de la forme imprimante destinée aux différents procédés d’impression.

C’est l’ingénieur français Nicéphore Niépce qui le premier met en place les prémices de la photogravure dans les années 1820 ; il cherche alors le moyen de graver des images photographiques pour pouvoir les imprimer avec une presse d’imprimerie traditionnelle. Il sera suivi par le Britannique Henry Fox Talbot, inventeur du calotype. Ce dernier dépose un brevet pour son procédé de gravure photographique en 1852, procédé qu’il améliore en 1858 qu’il appelle photoglyphic engraving. Ces deux procédés sont les ancêtres de la photogravure moderne.

La photogravure est la synthèse de deux techniques : la gravure d’une part qui comprend l’étude du dessin, la mise au rapport et la sélection manuelle, photographique ou informatique des couleurs. Et la photo d’autre part qui englobe la partie technique, à savoir la fabrication de la forme imprimante, qui peut être variée : blocs d’impression, cadre plats, cylindres gravés etc…

C’est une opération longue et coûteuse réalisée par un photograveur, qui requiert des compétences techniques mais aussi artistiques.
Les photograveurs sont une quinzaine en France, pour la plupart installés à Bourgoin-Jailleu, capitale iséroise de la photogravure en France, située à 50 kilomètres de Lyon.

La pâte d’impression

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Elle est réalisée dans notre cuisine à couleurs, où se trouvent tous les ingrédients, outils et livres de recettes nécessaires à son élaboration !

Pour imprimer nos soieries nous utilisons une pâte colorée (Photo 4), dont la viscosité varie en fonction du motif à réaliser, de la qualité de la soie et des nuances souhaitées. Plus la soie et les motifs seront fins, plus la viscosité sera grande.

Trouver la bonne épaisseur de pâte nécessite une vraie démarche créative qui combine expérience et ressenti…

L’épaississement des couleurs est indispensable à la netteté de nos impressions et donc à leur qualité.

La conformité des couleurs et leur unisson sont également primordiaux.

Nous créons toutes nos couleurs grâce à dix-neuf bases mères au total, elles-mêmes issues d’une dissolution de colorants synthétiques fabriqués en France et en Allemagne, d’urée synthétique (favorise le fixage de la couleur), d’eau et d’un épaississant végétal naturel : la gomme de guar qui est extraite de l’endosperme d’une plante, Cyamopsis tetragonolobus, appelée aussi guar ou haricot de guar, cultivé depuis des siècles en Inde.

Les colorants ainsi obtenus sont appelés colorants anioniques ou acides.
Ils peuvent être ensuite mélangés, dosés (pour la plus petite mesure au 1/1024 de litre) afin de créer toutes les couleurs et nuances nécessaires. (Photo 5) Nous les utilisons pour nos deux techniques d’impression, à la planche et au cadre plat.

Avant de commencer une impression, nos coloristes effectuent un long travail de recherche pour trouver la couleur souhaitée ou commandée. Pour s’aider dans cette tâche, ils consultent les nuanciers, où chaque couleur est répertoriée. Ce répertoire permet de réaliser des coloris sur mesure et de retrouver des nuances. Une part aléatoire existe malgré la rigueur et la méthodologie appliquées aux différentes recettes (photo 6). La palette des possibles est infinie.

Nous décidons du choix des motifs et des palettes de couleurs selon les tendances, les saisons, les commandes mais aussi notre ressenti. (Photo 7)

Nous utilisons des colorants hauts de gamme ayant une bonne solidité lumière, qui permettent d’obtenir des couleurs stables. Ces colorants modernes dits « fixés-lavés » sont en suspension dans la pâte d’impression et se fixent à la vapeur. Après étuvage, la pâte et l’excès de couleur sont éliminés par lavage. Ce n’est qu’après ces opérations que les couleurs s’expriment dans toute leur intensité et deviennent éclatantes et vibrantes.

L’impression au cadre plat ou à la lyonnaise

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Artisanat d’art

Nous sommes le dernier atelier en France à perpétuer manuellement ce procédé traditionnel inventé à Lyon vers 1850 et longtemps employé par les manufactures lyonnaises pour la réalisation d’impressions sur étoffe.

Forts de 3000 cadres, dont certains datent de 1950, nous pouvons réaliser des graphismes variés et combiner tradition et modernité.

Ce procédé permet d’exécuter des décors composés de nombreuses couleurs (jusqu’à 45) et s’adapte parfaitement aux petites quantités et à la création de pièces uniques.

La traversée, la profondeur et le relief incomparables des couleurs obtenus par cette technique, la destinent naturellement à l’impression des carrés de soie traditionnels mais aussi à la reproduction d’artistes.

Définition

L’impression au cadre sérigraphique fonctionne selon un principe assez proche de celui du pochoir : Le cadre plat est constitué d’un cadre métallique à la dimension du produit à réaliser (châle, carré, écharpe, cravates …) et d’une gaze de tergal de polyester. Au préalable ce tergal a été photogravé avec le motif à imprimer, laissant place à des zones perméables (le motif) et imperméables, créant ainsi un pochoir extrêmement précis (PHOTO 8). La couleur est ensuite étendue avec une racle sur la surface du cadre et traverse les parties demeurées poreuses correspondant au dessin, le transférant ainsi sur le tissu par coloration.

Le process

L’impression au cadre plat est un procédé lent et exigeant qui implique diverses étapes : choix du dessin, des coloris et de la soie, préparation des tables d’impression, fixation et tension de la soie, réalisation de la pâte d’impression, impression, séchage…

Réaliser une bonne impression n’est pas chose évidente, elle requiert un savoir-faire acquis durant de nombreuses années : bien tendre la soie, trouver la viscosité adéquate de la pâte, obtenir la conformité et l’unisson des couleurs, faire le juste geste avec la racle, savoir placer le cadre avec une parfaite précision, savoir utiliser et développer sa sensibilité artistique …

Au-delà de la maîtrise technique, faire le choix de la qualité est essentiel à la réussite d’une impression, qu’il s’agisse des partenaires régionaux, de la soie, des colorants ou des cadres.

En amont de l’impression

Le choix essentiel de la soie

En amont de l’impression, le choix de la soie est essentiel (satin, mousseline, twill, crêpe) car pour réaliser une bonne impression il faut une soie de grande qualité, qui a été bien préparée (décreusage) afin que la pénétration de la couleur ne soit pas bloquée par des impuretés (gré).

La préparation de la pâte d’impression colorée

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Nous créons toutes nos couleurs grâce à dix-neuf bases mères au total, elles-mêmes issues d’une dissolution de colorants synthétiques fabriqués en France et en Allemagne, d’urée synthétique (favorise le fixage de la couleur), d’eau et d’un épaississant végétal naturel : la gomme de guar.

Pour s’aider dans cette tâche, ils consultent les nuanciers, où chaque couleur est répertoriée avec la formule correspondante. Ce répertoire permet de réaliser des coloris sur mesure et de retrouver des nuances. (photo 6) La palette des possibles est infinie.

Nous utilisons des colorants hauts de gamme ayant une bonne solidité lumière afin de garantir la stabilité des couleurs dans le temps.

La préparation de la table d’impression

Nous imprimons sur de lourdes tables en bois recouvertes d’un feutre épais, doublé d’une étoffe de coton lavable. Sur les côtés de la table, des clous nous permettent de positionner exactement les cadres. Ces repères correspondent à des encoches faites sur le cadre. Nos imprimeurs fixent la soie écrue ou teinte sur toute la longueur de la table à l’aide d’épingles et d’adhésif. Ce travail est long et minutieux car la soie doit être bien placée et parfaitement tendue.

Impression

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Les imprimeurs placent le premier cadre du dessin sur l’étoffe. La pâte d’impression est déversée au bord du cadre, puis ils la font passer d’un côté à l’autre du cadre, à l’aide d’une racle en caoutchouc. Ce mouvement de va et vient force la pâte à traverser les perforations de la gaze de tergal, la déposant ainsi sur l’étoffe (PHOTO 9). Ce geste qui paraît simple s’acquiert pourtant avec de longues années d’expérience. Il est essentiel pour assurer la juste traversée de la couleur. Quand deux imprimeurs travaillent ensemble, face à face, ils doivent être parfaitement réglés afin d’assurer la même pression. Le cadre est ensuite relevé, puis placé avec exactitude à l’emplacement suivant (pour éviter le décadrage), déterminé par le rapport de dessin et les repères. Cette opération est répétée jusqu’à l’extrémité de la table. Nous prenons alors le deuxième cadre du dessin et recommençons les opérations depuis le début et ainsi de suite. Nous réitérons ce procédé autant de fois que le dessin comporte de couleurs jusqu’au transfert complet du motif. (Ensemble de photos 10 : descriptif LYON LA NUIT). Nous appliquons les couleurs cadre après cadre en respectant un temps de séchage de 30 minutes entre chaque passage. Nous commençons par les coloris clairs et par les petites masses. Le fond est réalisé en dernier. Après application de la couleur le cadre est aussitôt lavé à grande eau dans une douche attenante à la cuisine afin qu’aucun résidu de colorant ne vienne obstruer les micro-perforations en séchant. Le tergal de polyester étant très résistant, nous pouvons utiliser les cadres durant des décennies si nous en prenons soin.

Une fois séchée, la pièce imprimée est fixée (étuvage), lavée, apprêtée et confectionnée par des partenaires locaux.

Savoir capter l’air du temps ou quand la tradition se conjugue avec modernité

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Conscients de l’importance de conserver nos techniques traditionnelles et de la nécessité de nous renouveler pour rester en phase avec notre temps, une vaste collection de dessins réalisés par des artistes célèbres tels que Jean Cocteau, Pablo Picasso, Kandinsky, Braque, Dufy… nous inspire pour créer des collections exclusives et originales.

Nous réinventons aussi nos propres dessins en créant des ambiances de couleurs contemporaines inattendues.

Nous décidons du choix des motifs et des palettes de couleurs selon les tendances, les saisons, les commandes mais aussi notre ressenti.

Fixage des couleurs

Ce n’est qu’après étuvage et lavage que les couleurs s’expriment dans toute leur amplitude et deviennent éclatantes et vibrantes.

Etuvage

Nos couleurs étant diluées à l’eau, elles doivent être fixées après impression.

Le fixage est réalisé par étuvage à 110° C durant 50 minutes.

La vapeur et la chaleur provoquent une réaction chimique des colorants et permettent leur fixage au cœur des fibres de soie.

Après l’étuvage les couleurs s’expriment dans toute leur amplitude et deviennent éclatantes et vibrantes.

Lavage

Puis le tissu, qui est rigide car saturé en teinture et en gomme arabique, doit être lavé afin d’être débarrassé de cet excédent.