Le tissage

Le procédé

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Denis & Fils

Le tissage est un procédé de production de textile dans laquelle deux ensembles distincts de filés ou fils sont entrelacés à angle droit pour former un tissu. Les autres méthodes sont le tricot, la dentelle et le feutrage. Les fils verticaux sont appelés fils de chaîne et les fils horizontaux sont les fils de trame ou de remplissage. La méthode par laquelle ces fils sont tissés ensemble influe sur les caractéristiques de la toile.

Le tissu est généralement tissé sur un métier, un dispositif tient les fils de chaîne en place tandis que les fils de trame sont tissés à travers eux. Une pièce de tissu qui répond à cette définition (des fils de chaîne avec un fil de trame s’insérant entre eux) peut également être effectuée en utilisant d’autres méthodes, y compris le tissage aux tablettes, la rubanerie ou d’autres techniques sans métiers.

La façon dont les fils de chaîne et de trame s’entrecroisent les uns avec les autres est appelée l’armure. La majorité des produits tissés sont créés avec l’une des trois armures de base: toile, satin ou sergé. La toile tissée peut être unie (en une seule couleur ou un motif simple), ou peut être tissée avec des motifs décoratifs ou artistiques. La variété des armures, le mélange du fil de soie avec d’autres fibres (laine, coton) permettent de varier les tissus à l’infini.

Le métier à tisser

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En général, le tissage implique l’utilisation d’un métier à tisser pour entrelacer deux ensembles de fils perpendiculairement : la chaîne qui s’étend longitudinalement et la trame qui la traverse. Les fils de chaîne sont tendus et parallèles les uns aux autres, généralement sur un métier à tisser. Il existe de nombreux types de métiers à tisser.

Le tissage sur métier à tisser manuel (tissage à bras) apparait dans l’Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France. C’est une pratique reconnue notamment dans les métiers d’art.

Le processus de tissage commence tout d’abord par le choix du tissu. Il peut être de chanvre, soie, lin, laine, coton, cachemire… Il faut le choisir en fonction de la demande, soit une reproduction d’étoffe existante, soit la création d’une nouvelle texture.

Le métier à tisser est ensuite préparé au tissage. Cela commence par l’ourdissage des chaines (préparation des fils de chaine selon un certain ordre et enroulage de ces derniers parallèlement entre eux). C’est ensuite l’étape de l’enfilage. Chaque fil de chaine dans les lisses et ce en fonction de l’armure choisie (mode d’entrecroisement des fils). Il y a trois types d’armure possible : la toile, le sergé et le satin. Les fils qui constitueront la trame (largeur du tissu) sont ensuite enfilés sur des canettes.

Après la préparation du métier, le tissage peut commencer. Le procédé se fera comme tel : les fils de trame croiseront perpendiculairement les fils de chaine et le tout sera resserré par le peigne. Cela forme le tissu, qui est ensuite lavé et repassé.

Au fil du temps

Antiquité

Le tissage est une activité très ancienne.

En Mésopotamie, entre le IIIe millénaire et le début du IIe millénaire av. J.-C., une activité artisanale, notamment des ateliers de tissage, est déjà bien attestée. À l’époque de la troisième dynastie d’Ur (entre 2112 et 2004 av. J.-C. environ), on a retrouvé des traces de grandes filatures dont la main-d’œuvre était féminine. L’activité des tisserandes est alors organisée en ateliers dotés d’une hiérarchie stricte (chefs d’équipe, intendants, contrôleurs rendant compte au pouvoir royal). Durant cette époque, la ville de Lagash a pu compter jusqu’à 6400 tisserands.

En Grèce antique, le tissage est une activité principalement féminine. Dans la civilisation mycénienne, entre le XVe et le XIIIe siècle av. J.-C., les femmes filent et tissent. Au Ve siècle en Grèce centrale, on trouve dans les maisons des particuliers des métiers à tisser et la céramique attique à figures rouges montre des femmes tissant sur ces métiers. D’après M.-C. Amouretti et F. Ruzé, ce sont « des grands métiers verticaux qui nécessitent de pénibles allées et venues [sous-entendu : pour passer les fils de trame dans les fils de chaîne». Au IVe siècle av. J.-C., l’historien grec Hérodote remarque, pendant ses voyages en Égypte, que dans ce pays ce sont les hommes qui tissent, tandis qu’en Grèce ce sont les femmes. À Athènes pendant l’époque classique, le tissage est placé sous le patronnage de la déesse Athéna. À l’époque hellénistique, dans l’Égypte dirigée par les Lagides, les ateliers de tissage, comme la plupart des domaines artisanaux, font l’objet d’un contrôle partiel de la part de l’État royal qui lève sur eux un impôt.

Dans la mythologie grecque, l’art du tissage apparaît dans plusieurs mythes. L’Athénienne Arachné est si excellente tisseuse qu’elle se prétend meilleur qu’Athéna elle-même, qu’elle défie. Athéna remporte le concours et métamorphose Arachné en araignée. Dans un autre mythe, Procné, enlevée et séquestrée par le roi Térée qui lui coupe la langue pour l’empêcher de révéler ce qu’il lui a fait, parvient à prévenir sa sœur Philomèle en lui adressant un message qu’elle tisse sur un vêtement. Dans l’Odyssée, Pénélope, femme d’Ulysse, est courtisée en l’absence de son mari par de nombreux prétendants, mais elle parvient à gagner du temps en feignant de tisser un suaire pour Laërte, le père d’Ulysse. Chaque jour, elle se montre en train de tisser à son métier, mais, la nuit, à la lueur des torches, elle défait ce qu’elle a fait dans la journée. Les prétendants finissent par découvrir la ruse, mais Ulysse est de retour peu après.

Moyen âge

Au Moyen âge, en Europe, la technique du tissage est couramment pratiquée au sein d’une variété croissante de techniques de travail du textile. La production artisanale textile est très développée et intégrée à un commerce avec des pays lointains. Le tissage connaît des améliorations techniques entre le Xe et le XIVe siècle, avec l’apparition du métier à tisser horizontal à marches et du métier à la tire pour les soieries façonnées. Sur un métier à tisser à marches, le mouvement des lisses est entraîné par un jeu de pédales, ce qui accélère beaucoup la production.

Époques moderne et contemporaine

Au XVIIIe siècle, en Europe, les tisserands travaillent sur des métiers à tisser de plus en plus complexes. En France, plusieurs étapes importantes dans l’amélioration du métier à tisser sont marquées par les inventions de Basile Bouchon en 1725, Jean-Baptiste Falcon en 1728 et Jacques Vaucanson en 1740. L’Encyclopédie dirigée Diderot et D’Alembert, qui donne une large place à l’artisanat et aux techniques dans les volumes de textes et les volumes de planches, reflète l’état de l’artisanat du tissage au début de la seconde moitié du XVIIIe siècle.

C’est cependant au tout début du XIXe siècle que le domaine du tissage connaît un bouleversement technique décisif avec l’invention du métier Jacquard par Joseph Marie Jacquard à Lyon en 1801. Le métier Jacquard permet d’automatiser entièrement la production de textiles, y compris des motifs complexes, grâce à un système de cartes perforées. L’automatisation de la production met au chômage de nombreux ouvriers, d’où en France la révolte des Canuts de 1831.

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