L’impression textile au fil du temps

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Définition

Elle peut se définir comme la décoration d’une étoffe par un motif répétitif. 
 D’un point de vue technique, il s’agit de la reproduction d’un décor, par application d’un outil chargé de matière colorante, sur un support textile.

Sa réalisation, complexe, se déroule en de nombreuses étapes et exige le concours de plusieurs intervenants : dessinateur, metteur sur bois, graveur, fondeur, photograveur, chimiste, coloriste, imprimeur…

Si les techniques ont varié au cours des siècles, la présence de ces acteurs est une constante ; ils sont toujours présents à Lyon et dans notre région et travaillent ensemble.

Techniques d’impression

Il existe différentes techniques, artisanales ou industrielles, d’impression des étoffes, notamment :

  • le batik : technique originaire de Java consistant à masquer avec de la cire les parties non teintes du tissu
  • le flocage : technique consistant à encoller le motif et à le saupoudrer de fibres textiles courtes pour un aspect velours
  • l’impression à la planche : procédé artisanal consistant à sculpter le motif dans une planche qui est ensuite enduite de colorant et appliquée sur l’étoffe
  • l’impression par rouleau : version mécanique de l’impression à la planche
  • l’impression à cadre rotatif : technique consistant à faire passer sur le tissu un rouleau creux, contenant la couleur et découpé aux endroits à imprimer
  • l’impression sérigraphique ou au cadre plat, manuelle ou mécanisée : technique consistant à graver le motif par un procédé photochimique sur une toile de polyester, fixée sur un cadre, qui est appliqué sur l’étoffe
  • le pochoir : procédé artisanal utilisant un motif prédécoupé et des couleurs appliquées à la brosse
  • l’impression numérique haut débit

Les origines de l’impression

L’histoire de l’impression sur textile a commencé en Inde au IIe millénaire av. J.-C. : depuis ces temps anciens, les artisans indiens se sont transmis de générations en générations l’art de décorer les toiles de coton. 

Grâce à l’utilisation de mordants, des sels métalliques qui ont la propriété de fixer la teinture sur les tissus, ces artisans fabriquaient des étoffes aux couleurs brillantes (rouge de garance, bleu indigo…) sur lesquelles ils impriment des motifs à l’aide de bois gravés. 

Ce sont les Portugais qui les premiers ont rapporté en Europe à la fin du XVIe siècle ces cotonnades peintes et imprimées : les indiennes.

L’impression à la planche

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Au XVIIIe siècle, la principale technique d’impression sur étoffe est l’utilisation d’une planche de bois gravée en relief. 

Les coloristes, s’inspirant des procédés de coloration indiens, utilisent des substances naturelles essentiellement végétales pour fabriquer de la pâte colorée. 
Le personnage clé de l’impression sur tissu est le dessinateur qui imagine les motifs : fleurettes, motifs géométriques et scènes à personnages… Un graveur réalise ensuite une planche dans un bois dur. 
Enfin, l’imprimeur pose les planches chargées de matières colorantes sur la toile et y applique un coup de maillet. 

Cette technique d’impression est pratiquée jusqu’au milieu du XXe siècle, malgré l’apparition de nouveaux procédés.

 Les évolutions techniques

Les premières tentatives d’impression mécanisée au rouleau ont lieu en Allemagne dès le XVIIème siècle, mais ce n’est qu’au cours de la seconde moitié du XVIIIème siècle que ce procédé se développe. En 1783, l’Ecossais Thomas Bell invente une machine à imprimer les étoffes munie d’un rouleau de cuivre gravé en creux. D’autres versions de cette « machine à imprimer » connaissent un grand succès en France et en Allemagne. Ces rouleaux primitifs, gravés en creux et donnant un motif blanc sur un fond coloré, sont ensuite remplacés par des cylindres gravés en relief.

Vers 1800, l’impression sur machines à rouleaux de cuivre prend son essor, mais ces techniques se prêtent surtout aux productions monochromes ; l’utilisation de la planche pour les motifs polychromes, principalement teints à la garance, reste donc primordiale jusqu’au milieu du XIXème siècle. Longtemps, d’ailleurs, on mêle les deux techniques, comme dans la fabrique d’Oberkampf à Jouy-en-Josas. Ce n’est qu’après la découverte des colorants synthétiques et le perfectionnement des machines à rouleaux modernes que cette pratique manuelle disparaît du domaine industriel.
 En 1800, Bancroft a l’idée de soumettre les imprimés à la vapeur d’eau bouillante (vaporisage), apportant une amélioration décisive à la fixation des colorants. Mais, au cours du XIXème siècle, les techniques d’impression évoluent très lentement. C’est surtout du domaine chimique que viennent les innovations : élargissement de la palette, amélioration des procédés d’impression par réserve et par rongeage (ou enlevage).

Au cours du XIXe siècle, l’impression sur textile évolue radicalement sous l’effet d’une double révolution. La production se mécanise et les premiers colorants de synthèse apparaissent. 
En 1856, le chimiste anglais Perkin découvre la mauvéine (premier colorant de synthèse). En 1902, près de 700 colorants synthétiques sont déjà disponibles.

L’impression à la lyonnaise

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Dans les années 1930 apparaît une nouvelle technique : le cadre plat. Une fine gaze, tendue sur un cadre, est recouverte d’un vernis aux endroits où la couleur ne doit pas atteindre le tissu. La couleur est ensuite étendue sur la surface du cadre et traverse les micro-perforations laissées libres. Le procédé, d’abord manuel, est automatisé dans les années 1950.

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En 1962, le principe du cadre plat est adapté à un cylindre de nickel micro-perforé : le cadre rotatif. En une quinzaine d’années, le cadre rotatif devient la technique dominante de l’impression textile et bouleverse cette industrie.

Aujourd’hui, la technique d’impression au cadre plat est remplacée soit par des techniques d’impression sérigraphique en ligne (Hermès) soit par du numérique haut débit.